Nutrition
Patient, proche de patient ou professionnel de santé, découvrez des contenus sur la nutrition dans le cadre d'une MICI !
Psychologie nutritionnelle et MICI : une revue narrative des interactions intestin-cerveau (2025)
Horovitz, O
Objectif : Explorer comment les facteurs nutritionnels influencent les interactions entre l’intestin et le cerveau chez les patients atteints de MICI, et comment ces interactions peuvent affecter à la fois la santé gastro‑intestinale et la santé mentale.
Méthode : Revue narrative de la littérature scientifique récente intégrant des données sur les liens entre régime alimentaire, microbiote intestinal, inflammation et comorbidités psychiatriques chez les patients MICI, en s’inscrivant dans le champ émergent de la psychologie nutritionnelle.
Résultats : Les patients atteints de MICI présentent des taux élevés d’anxiété et de dépression, en partie liés à la perturbation de l’axe intestin‑cerveau due à l’inflammation chronique et à la dysbiose.
Des régimes alimentaires riches en fibres et aliments bénéfiques (comme le régime méditerranéen) sont associés à une meilleure diversité du microbiote, à une réduction de l’inflammation et à des effets favorables potentiels sur l’humeur, tandis que les régimes riches en aliments ultra‑transformés et sucres sont liés à une dysbiose et à un stress psychologique accru.
Des interventions nutritionnelles (probiotiques, prébiotiques, oméga‑3) ciblant le microbiote pourraient améliorer à la fois la santé intestinale et les symptômes psychologiques, bien que des preuves plus robustes soient nécessaires.
Conclusion : L’axe intestin-cerveau et la nutrition jouent un rôle central dans les interactions entre la santé mentale et les MICI. Une approche intégrée combinant soins gastro‑entérologiques, nutrition personnalisée et prise en charge psychologique pourrait optimiser les résultats physiques et psychologiques des patients.
Comportement alimentaire des patients atteints de la maladie de Crohn (2025)
Guelai Narimene & Hamdad Kawthar
Contexte & objectif : La maladie de Crohn altère fortement la qualité de vie des patients. Ce mémoire étudie les comportements alimentaires de 50 patients hospitalisés (30 hommes et 20 femmes, âgés de 19 à 73 ans) en lien avec leurs caractéristiques individuelles.
Méthode : À travers un questionnaire, l’étude explore leurs habitudes alimentaires, les régimes suivis, les restrictions et l’influence des symptômes ou des conseils médicaux.
Résultats : Les résultats révèlent une grande variabilité des comportements, influencée par la nature fluctuante de la maladie et par des facteurs personnels. Certains suivent des régimes médicaux, d’autres s’auto-adaptent. Les poussées et rémissions modifient les choix alimentaires. L’étude conclut à la nécessité d’une prise en charge nutritionnelle individualisée, intégrée au traitement global, la nutrition étant un pilier essentiel dans la gestion de la maladie.
Association entre différents scores de qualité de l’alimentation et risque de dépression (2024)
Lugon, G., Hernáez, Á., Jacka, FN et al.
Objectif : Déterminer l’association entre la qualité de l’alimentation et l’incidence de la dépression dans l’étude de cohorte REGICOR basée sur la population, en Catalogne, en Espagne.
Méthodes : Il s’agit d’une étude observationnelle utilisant les données de base (2003-2006), de suivi (2007-2013) et les dossiers médicaux des participants. Les participants utilisant un traitement antidépresseur pharmacologique ont été exclus comme indicateur de la présence de dépression au départ. Au suivi, le questionnaire de santé du patient a été appliqué pour évaluer les symptômes.
Résultats : Une association inverse significative entre la qualité de l’alimentation et l’incidence de la dépression a été constatée dans cette étude, indépendamment des caractéristiques sociodémographiques, de l’état de santé et du mode de vie. L’adhésion à un régime alimentaire sain pourrait être une intervention complémentaire pour la prévention de la dépression.
LES HABITUDES ALIMENTAIRES DES MALADES DE CROHN ET DE RCH
Une enquête qui en dit plus sur les modifications des habitudes après le diagnostic de la maladie.
LA CONSOMMATION HABITUELLE DE VIANDE EST ASSOCIÉE
À UN RISQUE AUGMENTÉ DE POUSSÉE DE MALADIE DANS LA RCH (2024)
[PREMIERS RÉSULTATS DE L’ÉTUDE DE PRÉVISION]
Objectif : Les personnes atteintes de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique (RCH) demandent souvent : « Que dois-je manger ? ». L’étude PREdiCCt a été conçue pour comprendre si certains aliments sont liés au risque de poussée.
Méthode :
2 629 patients en rémission ont été suivis dans 49 centres britanniques entre 2016 et 2020. Leur alimentation habituelle (2 à 3 mois avant l’inclusion) a été évaluée par questionnaire, et ils ont ensuite été suivis pendant au moins 2 ans.
L’analyse présentée porte sur 1 017 patients pour lesquels toutes les données étaient complètes.
Résultats :
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Environ 5,6 % des patients faisaient une poussée sévère par an.
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Une calprotectine fécale élevée, même modérément (≥50 µg/g), augmentait le risque de poussée.
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Les patients atteints de RCH consommant le plus de viande avaient deux fois plus de risque de poussée sévère que ceux en consommant le moins.
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Aucun lien n’a été trouvé avec les fibres, les graisses oméga-6 ou les aliments ultra-transformés.
Manger régulièrement de la viande semble augmenter le risque de poussée chez les patients atteints de RCH, mais pas chez ceux atteints de Crohn. Ces résultats suggèrent que l’alimentation, et notamment la viande, pourrait influencer la maladie via le microbiote intestinal.